écrit par Maite Serrano Oñate et Yolanda Polo Tejedor, Coordinadora - ONG coordinatrice du développement, Espagne

 
Madrid accueille le Sommet mondial sur le climat (COP25) dans un contexte international de mobilisations multiples. Dans le monde entier, des millions de personnes sont descendues dans les rues pour revendiquer leur droit à un environnement sain, à une vie digne. La précarisation de la vie est étroitement liée à l'urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons. Les Chiliens qui parcourent les rues de la ville ont bien conscience qu'ils auraient dû accueillir ce sommet transféré à Madrid à la dernière minute.


25 ans se sont écoulés depuis la première COP, soit un quart de siècle. Au-delà des discours, les gouvernements n'ont pas été en mesure de relever les grands défis climatiques auxquels l'humanité est confrontée. Bien que le Sommet mondial sur le climat soit accueilli en grande pompe à Madrid, il est nécessaire de le comprendre comme il se doit : il ne traitera pas directement de questions telles que le financement ou la portée des objectifs.

Toutefois, ce Sommet sera l'occasion d'avancer sur les questions des inégalités hommes/femmes, des mécanismes d'indemnisation des dommages et pertes et les règles de mesure des accords conclus lors du sommet de Paris. La COP25 est la pièce supplémentaire d'un immense puzzle et doit être comprise comme telle. De ce fait, nos attentes s'inscrivent dans ce cadre plus large, qui consiste en un parcours collectif de travail constant.


Un espace pour les protagonistes

Au sein de ce parcours collectif, il existe des protagonistes : les organisations de la société civile chilienne et latino-américaine doivent jouer un rôle essentiel dans ce Sommet. Pendant des mois, ces organisations ont préparé une réunion qui n'est pas accueillie par leur pays, leur participation est donc essentielle pour garantir la réalisation d'objectifs ambitieux face à une situation extrême.

À l'ordre du jour du Sommet figure la réforme du Mécanisme international de Varsovie relatif aux pertes et préjudices (WIM), visant à assurer un financement et un soutien réel aux pays et aux populations les plus touchés par les catastrophes climatiques. Celui qui souffre le plus de l'urgence climatique est celui qui contribue le moins à la crise.

Les millions d'habitants des pays les plus pauvres voient leur vie directement affectée par la situation, au point que nombre d'entre eux sont obligée de quitter leur foyer. Pendant ce temps, les 10 % les plus riches, qui sont à l'origine de 50 % des émissions mondiales, sont ceux qui en pâtissent le moins. Il est nécessaire que le Sommet accueilli par Madrid renforce le mécanisme permettant de réduire ces dommages. Cela impliquera obligatoirement une augmentation du financement, qui servira, entre autres, à répondre aux besoins en matière de déplacements.

Une autre mesure qui doit être prise lors de ce Sommet concerne le plan d'action en faveur de l'égalité des sexes qui doit être mis en œuvre en urgence sur deux fronts. Premièrement, en faisant disparaître le déséquilibre entre hommes et femmes au niveau de la participation aux comités de décision. Deuxièmement, en intégrant la question des inégalités hommes/femmes dans toutes les mesures prises par les pays.


Troisième étape : les émissions

Le troisième mouvement indispensable est celui qui concerne l'accord dit de Paris et ce qu'il établit en matière d'émissions. La portée de cet accord doit être amplifiée, la réduction des émissions doit être concrète, de façon à être mesurable, accrue, permanente et vérifiable.

Il convient également d'éviter tout double comptage, tout dommage causé aux communautés ou toute violation de leurs droits. L'exploitation de la planète, de notre maison commune, est inacceptable. L'urgence climatique et l'injustice sociale sont les deux faces d'une même médaille : le système politique et économique fait passer le profit avant les droits et ce, au prix de la destruction de la vie.

Ceux qui descendent dans les rues du monde entier l'ont bien compris : il est temps d'ouvrir les grandes avenues. La COP25 sera un pas de plus sur le long chemin de la construction collective internationale pour la défense de la justice mondiale. Allons-y. Continuons.


Au-delà de la COP 25 : les peuples pour le climat

Appel à participer au Sommet Social pour le Climat de la COP 25 à Madrid : Coordinadora invite toutes les organisations internationales à se joindre à l'appel au nom de la société civile ! 

https://cumbresocialclima.net/appel/