2022-03-02
La professionnalisation, un enjeu stratégique et vital pour le secteur associatif
News
Forus a été invité, vendredi 4 février, à participer à un séminaire sur le thème de « la professionnalisation des associations : pourquoi, comment et avec qui ? » organisé par le ROGAPA, plateforme nationale des associations du Gabon.
Cette série de discussions ouverte au grand public a permis aux représentants de diverses associations de se prononcer quant aux défis de la professionnalisation, de soumettre et d’échanger sur des recommandations pour la pérennité des associations.
Alors que les associations se trouvent de plus en plus confrontées à une politique restrictive de l’espace publique et que la pandémie de COVID-19 a dévoilé la fragilité des ONG à parvenir à contrer ce phénomène, le séminaire a été l’occasion de poser les questions de la nécessaire professionnalisation des associations à l’échelle nationale, régionale mais aussi dans une optique plus globale.
Parmi les multiples voix qui se sont exprimées, plusieurs problématiques communes se sont démarquées. Principalement, le manque de considération et d’action politique en faveur de la professionnalisation des associations, de la reconnaissance de leurs intérêts ainsi que de leur plus-value économique et sociale au niveau national. Un désintérêt ou même une défiance qui expliquent le manque de formations disponibles pour accompagner le secteur, des gouvernances associatives quelque fois défaillantes et un manque de financement qui les rend plus vulnérables encore.
Face à la complexité de ces enjeux et des contextes économiques politiques et financiers, la majorité des intervenants s'accordent sur le fait que la professionnalisation est la clef de voute pour un tissu associatif solide et pérenne.
Il est essentiel de professionnaliser les personnes engagées, en capacité d’influer sur les contextes nationaux et locaux. Pour que les autorités locales prennent la mesure de leur contribution, assurer une facilitation administrative est nécessaire.
De plus, il est urgent de sensibiliser les bailleurs qui, trop souvent encore, estiment que ces professionnalisations sont des charges supplémentaires plutôt que des investissements indispensables, sans oublier les partenaires de terrain, qui se méfient fréquemment de ces « professionnels du développement ».
Comme l’a évoqué Jean-Marc Boivin, représentant de Forus, répondre à l’enjeu de la professionnalisation des ONG à l’échelle des acteurs locaux doit dans un premier temps passer par le dialogue entre tous ces acteurs, pour « faire connaissance, se faire confiance et dialoguer pour construire collectivement le changement social ».
« C’est une « révolution culturelle » qui doit s’opérer pour rendre effectif des programmes de développement toujours plus ambitieux et exigeants. Sans cette compréhension commune, il est illusoire de croire en un développement efficace, efficient et mesurable des ONG. Par le renforcement de nos capacités mutuelles, pas des stratégies communes pour créer un impact plus important, ENSEMBLE, tous acteurs confondus, nous pouvons agir et faire entendre la voix de la société civile ».
Photo : Ralph Messi