2022-12-29
Digitalisation au Rwanda : "l'interaction avec d'autres plateformes n'est pas un luxe mais plutôt une nécessité"
Par Benoit NDIRIKIYE, Chargé d'information et de documentation de CCOAIB, membre de Forus au Rwanda
Créées pour la plupart au lendemain du génocide des Tutsis du Rwanda, les organisations membres de la société civile Rwandaise ont dans un premier temps évolué dans d’extrêmes difficultés de communication. Non seulement grand nombre d’infrastructures avaient été détruites, mais aussi la technologie du moment était rudimentaire. Pour communiquer l’on se servait du téléphone fixe, du courrier via la poste, du fax, du télégramme et de la radiophonie.
Mais très vite les choses ont évolué jusqu’en mars 1989 quand l’internet fait son entrée dans l’écosystème numérique mondiale dans le but de faciliter le partage d’informations, des fichiers et de courriers électroniques. Du courrier électronique, les mutations vont se faire de façon très rapide. Et en l’espace d’environs un quart de siècle, plusieurs réseaux sociaux vont naitre de manière spectaculaire. Ils comportent tellement d’avantages énormes que dans si peu des temps ils ont gagné les cœurs des utilisateurs. Et ceci n’est pas du tout le fait d’un hasard quelconque mais plutôt un choix après une minutieuse appréciation. Car aussi bien pour les uns que pour les autres, ils permettent d’instaurer un dialogue avec différents partenaires. Ces réseaux sociaux permettent de développer des interactions sociales révélant un engagement de la part d’une communauté mais en plus, ils permettent de communiquer auprès de sa communauté à tout moment. De nos jours, l’on s’attend que l’on puisse être contacté à tout moment pour recevoir des informations ou être sollicité pour en donner. Avec les réseaux sociaux, on s’ouvre également sur le monde, sur d’autres cultures et on diffuse rapidement des informations sur les activités de son organisation.
Si l’adaptation à ce nouveau mode de vie dominé par les réseaux sociaux a été facile, il n’en est pas de même pour les personnes d’un certain âge dont fait partie un bon nombre des agents de la société civile membres de la plateforme CCOAIB. C’est ainsi que, grâce à l’appui de Forus, en collaboration avec l'Agence française de développement, le secrétariat exécutif du CCOAIB a senti la nécessité de renforcer les capacités de ses membres dans ce domaine crucial.
Assistés par un Consultant, expert local en communication, les membres du CCOAIB ont échangé sur les moyens/ technologies de communication et de collaboration entre les organisations membres de la plateforme et leurs partenaires. L’évidence est que la presque totalité des agents de ces organisations connaissent bien l’existence des réseaux sociaux mais malheureusement il a été constaté que ceux qui les utilisaient convenablement étaient très peu nombreux. Cet atelier a permis aux participants de connaitre les plus usuels de ces réseaux, de se familiariser avec eux et surtout d’ouvrir des comptes et de s’en servir. Tellement qu’ils ont été très intéressés, depuis qu’ils ont été formés que, bon nombre d’entre eux interviennent et le flux d’informations venant des organisations membres s’est accru.
Après l’atelier, nous nous sommes entretenus avec certains participants qui nous ont fait les confidences ci-après. Pour Madame Chrisserie Niyonsenga, secrétaire exécutive de l’Association pour le Développement et la Transformation Sociale (ADTS), “ cette formation est venue au moment opportun. J’entendais que telle ou telle autre personnalité avait déclaré ceci ou cela sur Twitter et que telle autre était intervenu, mais sincèrement je ne savais pas comment cela fonctionnait. Cet après-midi je suis allée dans mon compte Twitter, j’ai appris beaucoup des choses et j’ai été très enrichie.’’
Quant à Célestin Kagurano, de l’association KORA, il affirme que cette formation lui a permis de renforcer ses connaissances en ce qui porte sur le monde des réseaux sociaux.
Le Conseil de concertation des organisations d’appui aux Initiatives de Base (CCOAIB) se réjouit du fait que l’organisation de cet atelier a été possible et ceci pour le bien de tous et de chacune des organisations membres de la plateforme. Le monde étant en pleine mutation, le CCOAIB estime et avec raison que les interactions avec les autres plateformes n’est pas un luxe mais plutôt une nécessité.