Renforcer les capacités afin de prévenir et de lutter contre les violences sexuelles et basées sur le genre, et de soutenir les processus de résilience.
Les ONG ont réalisé des efforts importants au cours des 15 dernières années pour éviter de causer des préjudices dans leurs interventions, notamment dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. À cette fin, la plupart ont adopté des outils tels que des codes de conduite ou des procédures d’alerte. Cependant, la réalité montre les difficultés de mise en œuvre de ces mesures, comme en témoignent les révélations médiatiques d’actes commis par des employés d’ONG.
De leur côté, les principaux bailleurs internationaux se sont engagés dans une charte de 22 principes visant à prévenir et protéger contre les violences sexistes et sexuelles commises par le personnel agissant dans le cadre de la solidarité internationale. Cette charte se traduit par un niveau d’exigence accru en matière d’outils et de mécanismes de redevabilité pour les ONG. Alors que les bailleurs britanniques, américains et norvégiens ont pu mobiliser des ressources financières importantes pour accompagner les ONG dans le développement de ces processus, aucun financement n’est prévu à ce stade pour les ONG françaises.
Pourtant, toutes les organisations ne disposent pas des ressources nécessaires pour définir et déployer des politiques, actions et outils de prévention et de lutte contre les violences basées sur le genre et sexuelles, ainsi que de protection des personnes concernées. Les ONG françaises témoignent toutes de difficultés d’appropriation et de sensibilisation, tant sur le terrain qu’au siège.
Coordination SUD souhaite donc renforcer les capacités de ses membres sur ce sujet à travers la poursuite d’ateliers d’échange de pratiques entre pairs, des formations et l’élaboration d’un module de sensibilisation/guide de bonnes pratiques destiné à être diffusé sur le terrain et pouvant être traduit. Afin de garantir une identification pertinente des besoins réels et d’éviter les doublons, Coordination SUD a déjà entamé un recensement des bonnes pratiques, procédures et outils existants dans le secteur à travers une veille documentaire, la collaboration avec des organisations et consultants spécialisés (partage d’outils avec CHS Alliance), des échanges de pratiques et de retours d’expérience entre ONG membres alimentant ses espaces de travail, ainsi que le rapprochement avec d’autres plateformes (collaboration avec la plateforme BOND concernant la traduction d’outils, participation à la conférence sur le safeguarding organisée par la plateforme, générant des contacts et initiant des liens avec plusieurs plateformes, participation à l’enquête menée par Forus sur l’élaboration d’un toolkit).
Ce projet renforcera également les liens entre Coordination SUD et d’autres plateformes telles que BOND et Forus (participation au groupe safeguarding) et permettra de partager largement la production d’un module de sensibilisation/guide de bonnes pratiques entre acteurs francophones, pouvant être traduit dans au moins une autre langue. Ainsi, bien que le projet proposé repose sur une activité destinée aux ONG françaises, il vise à partager l’expérience acquise en matière d’AMPSL avec les membres de FORUS.
Dans son approche de l’AMPSL, Coordination SUD reconnaît à la fois le terme de victime au début du processus, conformément aux étapes de la procédure judiciaire, et celui de personne résiliente, issu de l’approche « survivant », considérée comme plus positive, pour définir les personnes ayant progressé dans leur processus de rétablissement.