Aid localization: Reflections of Coordination SUD, the platform of French NGOs (Forus member) | Forus

2020-06-11

La localisation de l’aide : réflexions de Coordination Sud, la plateforme des ONG françaises (membre de Forus)

News

Diane Vioujard, Coordinatrice des activités (Coordination Sud) 

Dans le cadre de sa mission dédiée au décryptage des évolutions à l’œuvre dans le secteur de la solidarité internationale, Coordination SUD a commandité en 2018 une étude sur la localisation de l’aide, via son ONGLAB. Son objectif était de mieux appréhender ce concept dont la première formulation remonte à 2012, dans les suites des réflexions sur l’efficacité de l’aide et repris ensuite lors du Grand Bargain signé en 2016. 

La notion de « localisation » de l’aide occupe ainsi ses dernières années une place de plus en plus importante dans le débat autour de l’aide internationale. Elle s’inscrit dans une réflexion plus globale sur la transformation des modes de financement du développement ; et dans une volonté de penser et de porter les actions d’urgence et de développement à partir des acteurs et actrices se trouvant « au plus près du terrain ». Une aide « plus proche », une aide « sans intermédiaire ». Les parties prenantes de l’aide s’interrogent aujourd’hui, chacune à leur manière sur les intérêts et les limites de cette perspective de localisation de l’aide et sur les conséquences possibles d’une telle dynamique sur les pratiques et les modes d’organisation des ONG au Nord et au Sud. 

Cette étude revient sur les termes de ce débat et « teste » la localisation à partir des pratiques de terrain. Elle questionne le décalage pouvant exister entre discours et réalité des pratiques ; et interroge l’hypothèse qu’une plus grand « proximité » de l’aide au terrain d’action permet d’accroître l’efficacité des projets menés 

Plusieurs étapes successives de réflexion, d’échanges et de production ont été menées pour réaliser cette étude : • une première note d’analyse de l’enjeu de la localisation de l’aide, sur la base de la littérature existante, d’une douzaine d’entretiens (ONG nationales et internationales, bailleurs, personnes ressources, etc.) ; • des études de cas pays, au Burkina Faso et au Bangladesh (réalisées par des consultantes et consultants nationaux) afin de mieux documenter le « vécu » de la localisation à travers des cas concrets ; • des entretiens complémentaires, organisés auprès des sièges d’une série d’ONG françaises pour compléter les points de vue sur les dynamiques de localisation sur le terrain et enrichir la réflexion ; • un atelier de travail collectif, le 28 mai 2019, regroupant une trentaine de personnes représentantes d’ONG françaises, afin de mettre en discussion et d’enrichir la note de décryptage et les retours des terrains. Ces phases successives ont permis d’aboutir à la rédaction d’un rapport et de la présente synthèse, entre juin et août 2019. 

Si l’ONGLAB est une nouvelle mission pour Coordination SUD, les analyses qui en ressortent ne constituent pas le positionnement officiel de Coordination SUD. En février dernier, la gouvernance de Coordination SUD s’est alors réunie afin de débattre des enseignement et recommandations tirées de cette étude. Il en est ainsi ressorti le projet de réfléchir à la construction d’une vision renouvelée de la Solidarité internationale, en s’émancipant des concepts tels que la localisation de l’aide émanant des bailleurs. Si Coordination SUD mène un plaidoyer sur l’accroissement des financements du développement, elle ne s’est encore jamais engagée sur un plaidoyer en faveur d’une transformation du système de l’aide, de ses mécanismes de conventionnements – cela permettrait alors de reprendre la main sur le débat de la localisation, selon notre propre façon de concevoir la solidarité internationale. 

 
Il apparaît que pour Coordination SUD, le moment semble opportun de re définir ensemble et en profondeur ce qu’est pour notre secteur, la solidarité internationale – Le travail mené dans le cadre de la Prospective 2030 a permis d’en dessiner des premiers éléments. En effet, sous le vernis, la compréhension de la SI demeure très diverses parmi les membres. Au-delà de la vision, il s’agit d’aller plus loin sur la déclinaison d’une solidarité internationale renouvelée en termes de postures et de pratiques en re questionnant notamment le partage des pouvoirs ainsi que les spécificités selon les métiers. 

Pour cela, différents actions ont été pré-identifiées :  
  • Lancement d’une réflexion lors de l’AG de Coordination SUD avec la tenue d’un atelier débat proposant des interventions avec des regards divers sur une vision renouvelée de la solidarité internationale, dans le monde d’après la Crise Covid 19 qui aura contribué à accélérer des tendances déjà à l’œuvre. 
  • L’organisation de temps d’échanges et de travail avec les membres de Forus autour de la proposition d’une vision de la solidarité internationale renouvelée, lors de l’AG de cette dernière. 
  • La mise en place d’espaces d’échange de pratiques sur les modalités de construction de partenariats stratégiques.  
  • L’organisation d’ateliers d’échanges de pratiques sur le renforcement des acteurs et actrices dans les pays d’intervention.  
  • Le portage de cette nouvelle vision dans le cadre du dialogue avec l’AFD dans le groupe de travail dédié aux partenariats. 
Pour davantage de réactions sur cette étude par Coordination Sud et d’autres membres de Forus, visionnez le webinaire organisé par la plateforme britannique Bond et par Forus :