Civil Society Declaration for Revitalising South Asian Regionalism | Forus

2019-03-20

Déclaration de la société civile pour la revitalisation de la région sud-asiatique

News

Les 11 et 13 janvier 2019, les membres des réseaux de la société civile de l'Asie du Sud, la Fédération des Organisations Non-Gouvernementales du Népal (NFN), membre national du réseau international pour la société civile Forus, l’Alliance South Asia Poverty Alleviation (SAAPE) et l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale (SAARC) étaient réunis à Colombo, à l’initiative du South Asians for Human Rights (SAHR), pour délibérer autour des jeux et défis de la société civile sud-asiatique face aux engagements et agendas régionaux et internationaux. 


Résolus à redynamiser, au-delà des frontières sud-asiatiques, les collaborations pour la paix, la démocratie et les droits de l'Homme, les membres des réseaux pour la société civile et ceux de l’Association Sud-Asiatique pour la Coopération Régionale (SAARC) ont statué pour l’élaboration d’un plaidoyer collectif en faveur des droits de l'Homme, de la paix et de la démocratie. Notant la diminution des interactions entre les associations de la société civile, l'Assemblée a conclu à l'urgence de promouvoir un engagement entre universitaires, activistes, experts et politiciens à travers l'Asie du Sud. 

Bien que l'activisme et l’idée d’un régionalisme sud-asiatique aient débuté dans les années 1980, les représentants des organisations non-gouvernementales locales ont estimé nécessaire une coopération entre les états et acteurs de la société. La coopération devra prendre racine dans des valeurs humanistes vers le pluralisme, la démocratie, la croissance économique, l'équité et la justice sociale. Ce régionalisme sud-asiatique devra aller à l'encontre d'une logique de fermeture des frontières, ne reflétant ni l’histoire de la région sud-asiatique, ni les aspirations des peuples. Les nombreux défis sociaux, économiques et politiques, pourront être relevés grâce à la mise en place d’un cadre régional soutenant les efforts nationaux, provinciaux et locaux. 

Face à la rivalité grandissante entre l’Inde et le Pakistan et à son impact direct sur les initiatives régionalistes mises en place, les participants ont convenu que le renforcement de la confiance entre les deux Etats nucléarisés était important pour une coopération efficace. Les différents domaines dans lesquels cette coopération sud-asiatique repensée jouera un rôle influent sont : les droits civiques, la justice sociale, le progrès social, la croissance économique, l'équité, l'inclusion, la gouvernance locale, la décentralisation, les libertés fondamentales, les droits de l'Homme, les droits du travail, la liberté des médias, la migration, les réfugiés, l'apatridie, les droits des peuples indigènes, et la protection environnementale et le changement climatique. 

La collaboration de différents acteurs permettra de relever les défis représentés par le populisme, l'ultranationalisme, l'interventionnisme, le militarisme croissants.  

De plus, face aux turbulences politiques, susceptibles d’affecter le droit des peuples à la démocratie participative, des craintes ont également été exprimées. C’est le cas notamment des menaces réalisées envers des civils de la part d'acteurs étatiques et non-étatiques en Afghanistan et au Pakistan ; l'érosion de la représentation démocratique au Bangladesh ; le harcèlement systématique des organisations de la société civile en Inde ; la réticence de l'État népalais à promouvoir l'inclusion, telle que garantie par la nouvelle Constitution ; les violations à l'égard de l'État de droit dans le cadre de la transition démocratique aux Maldives ; et notamment la crise constitutionnelle qui a récemment entraîné le Sri Lanka au bord du précipice. 

Le régionalisme sud-asiatique devra pleinement incarner un rôle de promoteur de paix, justice sociale, croissance économique, équité, démocratie et droits de l'Homme à travers les échanges, le commerce, l'ouverture des frontières et le dialogue entre gouvernements et peuples. Les organisations ont réaffirmé leur attachement à la lutte des citoyens des pays sud-asiatiques pour la protection des libertés fondamentales et des valeurs démocratiques.

Dans ce sens, l'assemblée de Colombo a lancé un appel aux gouvernements de la région pour : 

  • La mise en place de visas facilitant les interactions et l'engagement des différents peuples d’Asie du Sud. 
  • Le partage des intérêts économiques  
  • L’accueil du 19ème sommet de la SAARC à Islamabad, avec une participation de la société civile sud-asiatique dans les processus et programmes de la SAARC. 
  • L’élaboration d'une politique transfrontalière commune, intégrant les notions de partage des ressources, la décentralisation, la gouvernance locale, les zones de pêche, la protection de l'environnement, les systèmes commerciaux, les douanes et la migration du travail. 
  • L’élaboration de normes plus strictes en matière de démocraties, de droits, de libertés fondamentales, de droits de l'Homme et de droits civiques, d'inclusion et de justice sociale. 
  • La protection des journalistes et défenseurs des droits de l'Homme. 


En tant qu'organisations de la société civile, les membres de SAARC se sont engagés à :

  • Forger des alliances au-delà des frontières afin de développer des réponses stratégiques en défense de la démocratie et d'une société ouverte. 
  • Dynamiser la lutte pour la démocratie constitutionnelle face à la montée d’un populisme radical. 
  • Mettre en place des financements nationaux et internationaux, afin de répondre à la baisse du soutien financier sur l'ensemble des activités sud-asiatiques. 
  • Promouvoir les échanges entre universitaires et activistes afin de conceptualiser l’idée de régionalisme sud-asiatique, et donc favoriser la paix de la coopération sud-asiatique. 
  • Sensibiliser les gouvernements à une coopération régionale impliquant citoyens et représentants de la société civile dans un travail collectif, au-delà des frontières, pour l’amélioration des conditions sociales, politiques, économiques et culturelles des populations de l'Asie du Sud.


    Signataires :

    Deekshya Illangasinghe, South Asians for Human Rights (SAHR) 

    Lakshan Dias, South Asians for Human Rights (SAHR) 

    Dr. Aminath Jamil, South Asians for Human Rights (SAHR) 

    Nastasia Paul Gera, Sangat 

    Rita Manchanda, South Asian Forum for Human Rights (SAFR) 

    Arjun Bhattari, Peoples’ SAARC 

    Ammar Ali Jan, South Asian Alliance for Poverty Eradication (SAAPE) 

    Jatin Desai,  The Pakistan India Peoples’ Forum for Peace and Democracy (PIPFPD) 

    Kanak Dixit, Himal Southasian 

    Aunohita Mojumdar, Himal Southasian

    Dinushika Dissanayake, Amnesty International Sri Lanka 

    Raju Chapagai, Amnesty International Sri Lanka 

    John Samuel, Forum Asia 

    Evan Jones, Asia Pacific Refugee Rights Network (APRRN) 

    Swarna Rajgopalan, Women’s Regional Network (WRN) 

    Chandanie Watawala, ANFREL 

    Dilrukshi Handunnetti, International Federation of  Journalists (IFJ) 

    Deanne Uayangoda, Frontline Defenders 

    Nalini Ratnarajah, International Movement Against all Forms of Discrimination and Racism (IMADR) 

    Khushi Kabir, Bangladesh 

    Bharat Bhushan, India 

    Kalpana Dutta, India 

    Hari Sharma, Alliance for Social Dialogue (ASD) Nepal 

    Herman Kumara,  National  Fisheries Solidarity Organisation (NAFSO) 

    Prof. Jayadeva Uyangoda, Sri Lanka 


      * Cette déclaration a été adoptée le 13 janvier lors de l'Assemblée des Réseaux régionaux qui s'est tenue à Colombo, Sri Lanka.