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2024-03-23

CONGAD - Elections au Sénégal, déclaration de la société civile

Communiqué de presse Elections au Sénégal

 

La protection de l'espace civique et des droits fondamentaux au Sénégal : Un pilier pour la démocratie et la liberté d'expression

 

23 mars 2024, Dakar, Sénégal - Au Sénégal, la période électorale en cours soulève des inquiétudes majeures concernant la protection de l'espace civique et des droits fondamentaux. Malgré un contexte politique tendu, marqué par la décision de la Cour Suprême de rejeter l'appel des partis d'opposition visant à reporter la date des élections présidentielles du 24 mars 2024, l'engagement envers la démocratie participative et inclusive reste plus crucial que jamais.  

 

Tel que le souligne Ibrahima Kane, Directeur Exécutif du CONGAD, le Conseil des ONG d’Appui au Développement, au Sénégal « La protection de l'espace civique et la défense des droits de l'homme sont essentielles pour la promotion de la liberté d'expression et le renforcement de la démocratie. Ce sont les fondations sur lesquelles repose une nation forte et résiliente, capable de faire face aux crises multiformes. »  

  

Mbaye Sène, responsable de GRAIDE, le Groupe de Recherche et d’appui aux Initiatives pour le Développement Endogène, confirme également ces tendances : « Nous sommes témoins d'une érosion progressive de notre espace civique, avec des restrictions croissantes sur la liberté d'assemblée, d'expression et d'accès à l'information. Il est impératif de renforcer nos efforts pour garantir que ces droits fondamentaux soient protégés, en particulier pendant cette période électorale critique. » 

  

L'internet et les plateformes de médias sociaux jouent un rôle crucial dans le renforcement de la gouvernance participative, en permettant une participation plus large et éclairée de la population sénégalaise. Ces outils favorisent le discours public sur les processus électoraux et les candidats, et permettent aux électeurs de demander des comptes aux gouvernements. 

  

Les récentes actions gouvernementales qui ont vu la restriction de l'accès à internet mettent en péril les droits fondamentaux à la liberté d'assemblée, d'expression et d'accès à l'information. Ces coupures d'internet nuisent aux droits humains, exacerbent les crises et entravent les flux d'informations essentielles. Elles rendent également difficile pour les journalistes, les défenseurs des droits humains et les observateurs électoraux de mener à bien leur travail crucial de surveillance des élections. La coalition #KeepItOn a lancé un appel au gouvernement du Sénégal à garantir un accès sans entrave à Internet et aux plateformes numériques tout au long de la prochaine élection. 

 

“Tout en reconnaissant la gravité de l’incitation à la violence et de la propagation de la désinformation, les autorités sénégalaises doivent cesser de porter atteinte aux droits humains en coupant l’Internet sous couvert de protéger la sécurité nationale. Les restrictions à la liberté d’expression doivent respecter les normes des droits humains; les coupures généralisées d’Internet constituent une réponse disproportionnée à ces risques,” selon Jaimee Kokonya, chargée de la campagne Afrique chez Access Now. 

  

Les organisations de la société civile sénégalaise partagent cette préoccupation. Malick Ndome , un porte-parole de l'une de ces organisations affirme, : « L'accès ouvert et sécurisé à internet est crucial pour la démocratie et pour assurer que toutes les voix puissent être entendues durant cette période électorale dans le strict respect des lois et règlements qui régissent le commun vouloir de vie commune et des valeurs sociales et culturelles. Cela permet une participation politique informée et active, et aide à maintenir les gouvernements responsables de leurs actions. » 

  

La récente libération des leaders de l'opposition, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, juste avant les élections, a été un moment de joie pour leurs supporters à la suite d'une loi d’amnistie votée par l’Assemblée nationale pour apaiser l’espace politique. Cependant, cela met également en lumière les défis auxquels est confronté le Sénégal en termes de liberté d'expression et de participation politique. Leur incarcération avait été perçue par beaucoup comme une tentative de limiter leur influence et celle de leurs partis, soulignant les risques pour l'espace civique dans le pays tout en rappelant les acteurs politiques leur rôle d’éducation de leurs militants et sympathisant afin que les dérives, les casses, les destructions de biens d’autrui et les morts soient évitables.  

 

Ces enjeux soulignent la nécessité d'une vigilance continue et d'un engagement renouvelé envers la protection de l'espace civique et l'accès à internet. À l'approche des élections, prévues dans quelques jours, nous appelons à la promotion d'un processus électoral pacifique, dans le respect des droits fondamentaux et la protection de l'espace civique. Ce moment électoral crucial doit être une opportunité pour renforcer la démocratie sénégalaise, assurer la participation inclusive de tous et garantir que le débat public puisse se dérouler dans un environnement sûr et ouvert. 

 

Il est impératif pour tous les acteurs impliqués - gouvernement, partis politiques, société civile, et citoyens - de s'engager en faveur d'une élection pacifique, transparente et juste. Le respect mutuel, le dialogue constructif et l'adhésion aux principes démocratiques sont essentiels pour naviguer cette période critique et pour bâtir un avenir prometteur pour le Sénégal. 

 

Les efforts collectifs pour préserver et élargir l'espace civique sont essentiels pour assurer une participation politique inclusive et le respect des libertés fondamentales, indispensables à la construction d'une nation résiliente et prospère. 

 

Pour plus d'informations et des demandes d'interviews avec la société civile au Sénégal, contactez : Malick Ndome (CONGAD) [email protected] ou Bibbi Abruzzini (Forus) [email protected]