Forus consults on the future of civil society and youth engagement at international civil society event in Berlin | Forus

2018-11-06

Forus a tenu des consultations à l’égard du futur de la société civile et de la mobilisation des jeunes lors d’un évènement sur la société civile à Berlin

News

Un article écrit par Deirdre de Burca (Coordinatrice du plaidoyer de Forus) et Magda Toma (Directrice de Forus)

Des membres du secrétariat de Forus ont récemment assisté à l’évènement Global Perspectives, qui avait lieu à Berlin, en Allemagne, du 31 Octobre au 2 Novembre 2018, organisé par l’International Civil Society Centre (Pour plus d'informations sur l’évènement, consultez le lien suivant : https://icscentre.org/events/global-perspectives/).

Le thème de la conférence de cette année était « Mobiliser une nouvelle génération ». 

 Au cours de la conférence, Forus a organisé une Session de type « Feu de camp », appelée « Quel futur pour la société civile, et à quel point la mobilisation des jeunes est-elle importante ? » Cette session a permis à Forus de commencer sa consultation en abordant le futur du secteur grâce à une société civile plus étendue, dans le cadre du lancement de sa nouvelle Initiative Internationale Pilote (2018-2020) « Construire des infrastructures essentielles pour le secteur des ONGs & encourager l’émergence d’écosystèmes favorables ». 

Cette initiative fut présentée et fortement avalisée par les membres de Forus cette année, au cours de son Assemblée Générale, à Santiago du Chili. L’Initiative Internationale de Forus envisage un vaste processus initial de consultation avec la société civile et à échelle mondiale au cours des deux prochaines années sur la façon dont développer et renforcer davantage le secteur dans les années à venir.

Pendant la conférence, l'intitulé de la session sur les feux de camp de Forus était «Quel avenir pour la société civile et quelle est l'importance de l'engagement des jeunes?». La session a commencé par une brève présentation des défis considérables auxquels fait actuellement face la société civile dans un environnement en constante évolution. 

Parmi les défis abordés figuraient : 

  1. L’augmentation du nombre de nouveaux mouvements sociaux et la tendance des jeunes à se tourner vers ces mouvements plutôt que vers les ONGs ; 
  2.  L’augmentation du nombre de gouvernements non libéraux mais autoritaires partout dans le monde, engendrant le rétrécissement de l’espace consacré à la société civile ; 
  3. Les nouvelles demandes faites à la société civile, en tant que partie prenante dans la mise en place de l’Agenda 2030 ; 
  4. L’accroissement des demandes de la part du public pour une plus grande reddition de compte, une meilleure transparence et une bonne gouvernance de la société civile et des ONG notamment ; 
  5. Le fait que les sources de financement et les modalités d’intervention des OSC continuent d’être uniquement basées sur des projets.

La discussion de groupe qui a suivi fut animée et très vaste.

Elle a conduit aux conclusions suivantes :

Une définition large et inclusive de la société civile est indispensable

  • La définition de la « société civile » utilisée lors de ces discussions devrait être suffisamment large et riche pour y intégrer tous les acteurs de la société civile, des acteurs les moins organisés aux plus influents. La définition devrait inclure des mouvements sociaux, des petites communautés, des organisations populaires, spontanés et répartis dans plusieurs zones, mais aussi des entreprises et coopératives à but non lucratif, des petites ONGs, des ONGs plus influentes, des organisations de la société civile internationales, des syndicats, etc.

Établir des relations entre les ONGs et les mouvements sociaux

  • De plus amples efforts doivent être déployés pour atteindre et nouer des relations entre les ONGs et les mouvements sociaux, qui permettront une compréhension mutuelle optimale, une meilleure appréciation de la « valeur ajoutée » de chacun, et la complémentarité potentielle des rôles qu’ils peuvent jouer, en vue d’apporter des changements absolument indispensables au niveau social et politique. Idéalement, les ONGs pourraient financer les mouvements sociaux pour atteindre les objectifs principaux (par exemple, susciter une prise de conscience du public à l'égard des actions à mener pour le climat) mais sans trop avoir de conditions afférentes. Les ONGs pourraient, à échelle mondiale, contrôler les progrès effectués dans la réalisation de l’objectif fixé. Ainsi, les mouvements sociaux peuvent disposer de ressources pour faire ce qu’ils savent faire de mieux sans devoir se conformer aux exigences de comptes-rendus, étant donné leur manque d’organisation formelle.

Reconnaître la valeur ajoutée de chacun        

  • Les OSC qui ont des infrastructures organisationnelles plus formalisées (comme les ONGs) devraient faire en sorte de ne pas imposer leurs programmes aux mouvements sociaux lorsqu’elles collaborent avec eux. Au contraire, les ONGs devraient jouer un rôle davantage favorable, de soutien et de « toile de fond », et laisser les mouvements sociaux faire ce qu’ils savent faire de mieux (par exemple mobiliser les populations et mener des campagnes publiques). Les ONGs devraient jouer un rôle de « facilitation » lorsque les mouvements sociaux sont concernés, et rendre leurs ressources et expertise disponibles de façon non-directive. On considère que la valeur ajoutée des ONGs traditionnelles et des OSCI réside davantage dans l’engagement sur le long terme et les campagnes de plaidoyer destinées aux gouvernements et aux institutions. 

       

Créer des espaces « adaptés aux jeunes » au sein des ONGs et des syndicats

  • Les ONGs, les syndicats et les autres OSC qui disposent de structures organisationnelles formelles ont intérêt à créer des espaces « adaptés aux jeunes » au sein de leurs structures, afin de faire entendre les voix des jeunes et leur permettre d’influencer les discussions et les prises de décisions. À l’heure actuelle, de nombreux syndicats et ONGs sont organisés de telle façon que les jeunes n’ont pas la possibilité de s’impliquer ou de faire entendre leur voix, et le langage utilisé par ces organisations n’est pas du tout adapté aux jeunes populations.

 

Privilégier le financement des petites OSC qui sont locales et flexibles

  • Les donateurs devraient accorder davantage d’attention aux petites OSC flexibles et locales. Les grandes ONG institutionnelles ont eu tendance à recevoir plus d’attention et de ressources de la part des gouvernements, tandis que les organisations locales de la société civile, y compris les organisations entre pairs, sont parfois plus efficaces quand il s’agit de représenter les besoins des communautés locales, et peuvent par ailleurs parvenir à mobiliser les jeunes plus facilement. Plus précisément, on prévoit que de nombreuses grandes OSCI traditionnelles, notamment celles impliquées dans la prestation directe de services, seront potentiellement de moins en moins utiles au fil des ans.

 

Garantir une bonne combinaison intergénérationnelle dans les effectifs des OSC

  • L’importance d’avoir une bonne combinaison intergénérationnelle dans les organisations de la société civile a été soulignée, tandis que les OSC sembleraient avoir un éventail de valeurs et une perception différente si ces organisations étaient dirigées par des personnes plus mûres.

 

Les grandes OSC internationales devraient régulièrement revoir leur mission et leur finalité principales

  • Plus une ONG est importante, plus le risque qu’elle devienne excessivement institutionnalisée et bureaucratique est élevé. Il a été considéré important que les OSCI, en premier lieu, revoient leurs valeurs fondatrices de façon régulière et se remémorent les éléments qui ont initialement encouragé leur création. Il a aussi été perçu vital que les OSCI, en particulier, révisent régulièrement et mettent à jour, si nécessaire, leur mission et finalité principales et veillent à ce que le fonctionnement de l’organisation reste totalement en phase avec la mission de base. Le cas échéant, les grandes OSC doivent avoir la volonté de se « réinventer » selon les observations et évaluations faites.

 

Les OSC progressistes doivent tirer des leçons importantes des populistes

  • La société civile progressiste doit tirer des leçons des tactiques des populistes et s’en servir pour faire avancer des causes progressistes. Cela est cependant généralement difficile étant donné que les populistes tentent de présenter des solutions et des réponses simples à des problèmes complexes. Expliquer la complexité de certains problèmes mondiaux se termine souvent par un message affaibli. La société civile progressiste doit réfléchir et développer des stratégies d’influence plus efficaces.

 

Mobiliser les populations afin d’atteindre un point de bascule

  • La prise de conscience du public reste un élément très important. Il est nécessaire de mobiliser les populations et promouvoir des valeurs positives afin d’atteindre un « point de bascule ». Les OSC devraient davantage s’unir et collaborer sur des actions de sensibilisation du public.

 

Les OSCI doivent identifier les risques et s’engager dans une prise de risque intelligente

  • Plus particulièrement, les organisations de la société civile internationales doivent envisager d’identifier les risques, leur permettant de s’engager dans une prise de risque intelligente. Elles doivent apprendre à travailler avec d’autres OSCI et d’autres acteurs, mais aussi créer des organisations nationales et locales. L’accent doit être mis sur le recrutement de personnel local et la création de systèmes de gouvernance locaux puissants et relativement autonomes.

 

Les meilleures pratiques et solutions des pays du Sud doivent être identifiées

  • L’identification des meilleures pratiques et solutions peut provenir des pays du Sud. Une crise de financement peut généralement représenter une opportunité et peut favoriser l’identification de nouvelles façons de travailler plus efficaces.

La discussion sur le futur de la société civile et l’engagement des jeunes lors de la session « feu de camp » fut très animée et vaste. 

Forus aspire à mener des consultations similaires lors des évènements sur la société civile qui auront lieu au cours des 12 prochains mois.