2020-07-01
“Les pratiques de l'éducation à la citoyenneté mondiale sont dans l'ADN des OSC”
News
Objectif 4.7 sur l'éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) : histoire, définition et possibilités de
mise en œuvre au niveau national
Par Arnaud Langlois, Forus Advocacy Team
Forus and Bridge 47 ont organisé un webinaire le 28 mai 2020 au cours duquel nous avons entendu
Albin Keuc, directeur de SLOGA, la plateforme slovène des ONG (membre de Forus) et Jose Roberto
Guevara, directeur de ICAE, International College of Advanced Education.
L'Agenda 2030 pour le développement durable a créé de nouvelles opportunités et de nouveaux défis
. L'objectif 4.7 portant sur l'éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) a souligné l'importance pour
nous tous de disposer de connaissances et de compétences nécessaires pour agir en faveur du
développement durable. Ce webinaire a proposé une présentation générale sur l'éducation à la
citoyenneté mondiale et des exemples concrets de ses objectifs et de sa mise en œuvre au niveau
national.
Jose Roberto Guevara, du ICAE, a déclaré que la ECM ne se réfère pas seulement au processus
d'apprentissage de la vie, mais aussi à un paradigme plus actif, détaillé dans le rapport Delors de
l'UNESCO de 1996. On distingue 4 piliers de la CME : « faire », « connaître », « être » et « vivre ensemble
». Nous pourrions en ajouter un cinquième, qui est de « se transformer au sein de la société »,.
En parlant des compétences qui font de nous des citoyens du monde, outre des qualités telles que
l'empathie ou l'esprit critique, il faut trois grandes familles de « compétences fondamentales » .
1. La capacité d'évaluer les défis mondiaux.
2. La sensibilité aux questions relatives aux droits de l'homme.
3. La volonté d'agir pour le bien commun.
Où et comment nous développons ces compétences relèvent principalement de l'école, mais
également des expériences de vie plus générales comme les voyages ou les engagements auprès des
OSC.
Pour identifier les façons dont nous avons appliqué ces compétences dans les OSC, M. Guevara a donné
des exemples clairs, tels que les interventions des OSC lors de webinaires pour décrire comment la
COVID-19 affectait le contexte économique, social et environnemental de différents pays (capacité à
évaluer les défis mondiaux), pour mettre en garde contre l'impact possible de la COVID-19 sur l'espace
civique (empathie et souci des droits des autres) ou lorsque les plateformes des OSC encouragent leurs
membres à plaider en faveur de l'inclusion d'un plus grand nombre d'OSC dans le High Level Political
Forum (volonté d'agir pour le bien commun).
Le deuxième intervenant, Albin Keuc, directeur de SLOGA, a affirmé que pour sa plate-forme nationale
d'OSC, le ECM leur fournit des méthodes et des techniques pour mettre en œuvre des actions de
solidarité. En effet, ils ont mis en pratique des approches d'« apprentissage par la pratique » lors de
conférences nationales réunissant des acteurs clés, comme les clubs d'éducateurs.
En outre, ils tentent d'établir des partenariats avec des institutions universitaires ou des ministères,
car seules des actions concertées peuvent résoudre les problèmes d'éducation à long
terme. Également, le fait de mener des actions de plaidoyer communes est un exemple de ECM au
niveau des OSC, car elles donnent la parole aux acteurs vulnérables et tentent d'être persistantes dans
leurs actions.
Sa conclusion est que les pratiques de la ECM sont dans l'ADN des OSC, surtout quand il s'agit de lutter
contre l'ignorance et les préjugés.
L'une des questions posées au cours du webinaire par un consultant travaillant avec des enseignants
nigérians portait sur l'utilisation non définie des termes « éducation mondiale » et « éducation à la
citoyenneté mondiale ». M. Guevara a répondu que, lorsque l'on parle d'éducation mondiale,
d'éducation des femmes ou d'éducation environnementale, la ECM ne porte pas sur des sujets ou des
terminologies spécifiques, mais plutôt sur des principes fondamentaux. L'idée principale est de
chercher un paradigme qui permettra de trouver une solution aux problèmes et non de les aggraver.
A la question de savoir si la ECM est un mode de vie, Guevara a répondu que c'est plutôt une façon de
penser, qui ne cloisonne pas les matières comme l'école peut le faire. Par conséquent, la ECM ne
concerne pas seulement les enfants, elle concerne aussi les adultes, et l'engagement des citoyens en
général.
Le webinaire s'est terminé par des exemples de mesures concrètes pour promouvoir la ECM au niveau
national. Albin Keuc a déclaré qu'ils apprenaient comment soutenir le travail en réseau et aussi
comment organiser des programmes nationaux en collaboration avec les ministères des affaires
étrangères et de l'éducation afin de réunir des partenaires clés dans des forums nationaux.
Bridge 47 a préparé un autre webinaire intitulé « La COVID-19 est-elle une opportunité pertinente pour
pousser à une transformation de l'éducation et à un changement systémique ? » cliquez ici pour plus
d'informations. Vous pouvez consulter l'intégralité du webinaire sur notre page Facebook.
photo @kryptonitenicky