Improving The Quality Of Free Basic Education : An Issue Of Priority | Forus

2022-12-29

Améliorer la qualité de la gratuité de l’enseignement de base : une question de priorité

Par Rigo Gene, Secrétaire Général, CNONGD

La République Démocratique du Congo vit un contexte général dominé par l’insécurité et la guerre, surtout dans la partie Est du pays. Un contexte pas favorable pour les libertés publiques et une situation qui entraine le rétrécissement de l’espace civique.  

Malgré ce contexte difficile, il sied de souligner la ferme volonté politique d’assurer à la jeunesse congolaise l’accès à l’éducation de base. Bien que consacré dans la Constitution de notre pays à l’article 43 alinéa 5, la gratuité de l’enseignement primaire n’avait jamais été effective. 

Le fait qu’en janvier 2019, le Chef de l’Etat congolais ait fait de la gratuité de l’enseignement primaire une politique phare de son mandat à la tête du pays nous a motivé à développer le projet d’appui au renforcement de l’interaction entre les organisations de la société civil, membres et non-membres du CNONGD dans le suivi de la mise en œuvre des objectifs des développement durable au niveau local, avec un accent particulier sur cette politique relative à la gratuité. Une éducation de base de qualité et inclusive est essentielle pour atteindre plusieurs des ODD. Pour parvenir à cette fin, cela nécessite une plus grande implication de la société civile pour mieux accompagner cette politique en particulier, et l’atteinte des ODD, en général.  

Le facteur humain étant le moteur et la finalité de tout développement durable, le projet s’est concentré sur la gratuité de l’éducation de base. Le CNONGD a jugé utile d’identifier et sensibiliser les OSC membres et non membres du CNONGD sur les enjeux de la mise en œuvre des ODD au niveau national et de l’ODD 4 au niveau local - l’éducation étant l’un des secteurs décentralisés en RDC. Pour mettre en place un plaidoyer efficace autour des cibles et indicateurs relatifs aux ODD, il est important d’identifier et sensibiliser les acteurs actifs à différents niveaux de responsabilité. 

Du 30 mai au 05 juin 2022, le Conseil National des Organisations Non Gouvernementales de Développement( CNONGD) en partenariat avec Action contre les Violations des Droits des Personnes Vulnérables (ACVDP) et membre de la Coalition Nationale Education Pour Tous (CONEPT)   a organisé une enquête de collecte de données relatives aux problèmes liés à la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement et aux frais de participation aux épreuves de fin de cycle primaire: Test national de fin d’études primaires (TENAFEP) et fin du cycle secondaire (Examens d’Etat-EXETAT), édition 2021-2022 dans les 5 provinces éducationnelles de la ville province de Kinshasa.  

Au total, 26 OSC et 106 enquêtés dont 21 parents, 20 enseignants, 29 élèves, 22 préfets/Chefs d’établissement et 14 inspecteurs de l’enseignement ont été enquêtés. Pour qu’un élève finaliste de la 6ème année primaire et de la 6ème année secondaire présente les épreuves de fin de cycle, ses parents doivent d’abord payer les frais qui s’élèvent entre 85 000Fc (environ 42 dollars) et 412,000Fc (environ 200 dollars) selon les écoles.  

Les données recueillies dans le cadre de cette enquête démontrent que les frais d’organisation matérielle des épreuves de fin de cycle primaire et secondaire sont déjà en partie pris en charge dans le budget de l’Etat. De ce fait, les fonds mobilisés auprès des parents à l’occasion de l’organisation de ses épreuves peuvent constituer une source additionnelle de mobilisation des ressources au niveau local susceptible de contribuer au financement de la gratuité de l’enseignement, répondant ainsi à l’un des problèmes liés à la mise en œuvre effective de cette politique. 

Il est utile que nous gardions à l'esprit ces propos d’un parent, recueillis pendant l’enquête : “La gratuité de l’éducation de base est une politique audacieuse et noble qui doit placer d’abord l’homme au centre de toute préoccupation ; investir dans l’éducation de la jeunesse congolaise ne peut souffrir d’aucune opposition quelconque. L’augmentation des effectifs d’écoliers doit aller de pair avec l’amélioration de la qualité de conditions dans lesquelles étudient les élèves”.  

Les frais mobilisés dans le cadre de l’organisation matérielle (ORGAMAT) des épreuves de fin de cycle scolaire, tel que révèle l’enquête que le CNONGD a réalisé dans le cadre de ce projet, avec le soutien de Forus, en partenariat avec l'Agence française de développement, constitue une source importante de mobilisation des ressources au niveau local qui doivent être destinés au financement additionnel de la gratuité de l’enseignement pour l’amélioration tant soi peu de la qualité de l’éducation et non à ne remplir que les poches de certains individus, acteurs de l’éducation soit-il.