2026-04-13
Présentation de la Vision de Forus pour l’après-2030
L’avenir après 2030 est en train de se construire dès maintenant. Forus lance une vision collective de la société civile sur ce qui doit être défendu, exigé et refusé.
Ce qui viendra après 2030 ne sera pas décidé uniquement lorsque les négociations formelles commenceront.
Il est en train de se façonner dès maintenant — à travers la définition précoce des agendas, la construction de coalitions, les positionnements politiques et les luttes autour de qui peut participer et à quelles conditions. Et il se dessine dans un environnement beaucoup plus dur que celui qui a conduit à la création des Objectifs de développement durable en 2015.
La fragmentation géopolitique s’approfondit. L’espace civique se réduit. Le financement du développement est soumis à des tensions croissantes. Le soutien au multilatéralisme et aux normes universelles est de plus en plus contesté. Le danger n’est pas seulement que le prochain cadre soit insuffisant. Il est qu’il devienne silencieusement plus mince, plus faible, moins redevable et moins juste.
C’est pourquoi le réseau Forus lance une Vision collective pour l’après-2030 : une contribution précoce de la société civile mondiale au débat sur ce qui devrait suivre les ODD — et, tout aussi important, sur ce qui doit être défendu, ce qui doit être corrigé et ce qui ne doit pas être perdu.
Élaborée avec les membres de Forus issus d’un réseau mondial rassemblant 74 plateformes nationales d’ONG et 8 coalitions régionales représentant plus de 24 000 ONG dans le monde, et nourrie par des consultations avec des expert·e·s du développement issus de l’ONU, de la société civile, du monde académique, des think tanks et de la philanthropie, cette vision repose sur une réflexion collective, des réalités vécues et les voix de celles et ceux trop souvent relégués aux marges de la définition des agendas mondiaux.
Alors que la communauté internationale commence à réfléchir à ce qui devrait suivre les Objectifs de développement durable, plusieurs questions cruciales structurent déjà le débat. Que doit absolument préserver le prochain cadre ? Que doit-il changer pour devenir plus crédible et plus juste ? Et que doit-il refuser fermement pour rester ancré dans les droits, la redevabilité et une mise en œuvre réelle ? Ces questions sont au cœur de la vision de Forus.
Au centre se trouvent les 3D de Forus pour un agenda post-2030 crédible :
Ce que nous défendons
- Un agenda de développement universel et fondé sur les droits qui ne laisse personne de côté.
- L’espace civique comme bien public.
- Le leadership local avec un réel pouvoir et des ressources.
- Un système multilatéral fort et efficace.
- Et les acquis normatifs de l’ère des ODD, y compris la reconnaissance que le développement durable doit intégrer la justice sociale, l’égalité, la durabilité environnementale, la paix et les droits humains.
Ce que nous exigeons
- Un cadre post-2030 qui corrige les principales faiblesses des ODD — en particulier sur le financement, la redevabilité, la localisation et la mise en œuvre.
- Une réforme plus forte du financement au centre.
- De véritables mécanismes de redevabilité via des examens obligatoires, transparents et réguliers.
- Une participation significative et sûre de la société civile.
- Un pouvoir accru pour les acteurs locaux.
- Et un cadre capable de répondre aux réalités actuelles : effondrement climatique, recul démocratique, inégalités, conflits et risques et opportunités liés aux technologies émergentes.
Ce que nous refusons
- Tout cadre affaibli qui sacrifie l’universalité, les droits, l’égalité de genre, les libertés civiques ou l’ambition climatique pour des raisons de convenance politique.
- Un statu quo financier qui aggrave les inégalités.
- Des mécanismes de redevabilité qui restent volontaires et performatifs. Une inclusion symbolique.
- Et une gouvernance du développement qui élargit l’influence du secteur privé ou philanthropique sans garanties d’intérêt public, sans contrôle démocratique et sans redevabilité.
- Le prochain agenda mondial ne doit pas devenir plus petit, plus faible ou plus sélectif.
La position de Forus est claire : le processus post-2030 ne doit pas devenir un outil de réduction de l’ambition, d’affaiblissement des droits ou de diminution de la redevabilité. Il doit être une opportunité de corriger les lacunes qui ont limité les ODD tout en défendant leur promesse universelle et transformatrice.
La vision ne repose pas sur une seule prédiction, mais sur une préparation politique face à des futurs possibles pour le développement mondial — de la continuité à la refonte ou à la fragmentation. Pour la société civile, un engagement précoce est essentiel. Même dans des contextes politiques contraints, les propositions prospectives restent importantes : elles peuvent influencer les récits, élargir l’espace politique, construire des alliances et préparer le terrain pour des réformes plus profondes — notamment sur le financement, les inégalités structurelles et la redevabilité.
C’est pourquoi le lancement de la Vision Forus pour l’après-2030 n’est pas la fin d’un processus. C’est le début d’un effort d’influence élargi.
Dans la période à venir, Forus et ses membres travailleront à façonner tôt les termes du débat, à relier les réalités locales aux processus mondiaux, à construire des coalitions politiquement intelligentes et à promouvoir un agenda post-2030 plus juste, plus crédible et plus ancré dans la vie des populations.
📅 Rejoignez le lancement de la Vision Forus pour l’après-2030
🗓 21 mai 2026 | 13h UTC
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Pourquoi cette vision est importante
Alors que la communauté internationale commence à réfléchir à ce qui viendra après 2030, plusieurs questions cruciales structurent le débat sur l’avenir du développement mondial. Que doit absolument préserver le prochain agenda ? Quelles lacunes doivent être comblées ? Et comment un financement plus fort, une redevabilité réelle, une localisation plus poussée et une participation citoyenne significative peuvent-elles garantir des résultats concrets ? Ces questions renvoient à un défi plus profond : qu’est-ce qui rend un agenda de développement véritablement crédible — fondé non seulement sur l’ambition, mais aussi sur une redevabilité ferme et une mise en œuvre réelle ?
Le débat sur l’avenir du développement mondial — post-2030 — est déjà en cours. Les récits, les alliances, les choix politiques et les décisions sur qui peut participer définiront le prochain cadre mondial. Pour la société civile, un engagement précoce dans cette conversation est essentiel.
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