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2025-09-15

Déclaration commune sur le Népal : la société civile condamne le meurtre de manifestants et demande que les responsables soient traduits en justice.

  • La société civile réclame la responsabilisation et le respect de la Constitution après la répression violente des manifestations.
  • Les manifestations, organisées principalement par des jeunes, ont été déclenchées par la corruption, la répression numérique et l'interdiction des réseaux sociaux.
  • Au moins 51 personnes ont été tuées et plus de 1 000 blessées dans le cadre de ces manifestations.
  • Celles-ci ont été précédées par les inquiétudes de la société civile concernant une législation qui menace le droit d'association.
  • Ces événements sont le signe non seulement d'une crise des droits humains, mais aussi de risques sérieux pour l'ordre constitutionnel et la gouvernance démocratique.

Les forces de sécurité népalaises ont utilisé la force meurtrière contre des manifestants qui réclamaient la levée de l'interdiction des réseaux sociaux et la fin de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Au moins 51 personnes ont été tuées et plus de 1 000 blessées, certaines gravement, à la suite des violences. Les autorités, en coordination avec l'armée, prévoient actuellement d'engager le dialogue avec les leaders des manifestations.

Le 4 septembre, le ministère de la Communication et des Technologies de l'information, par le biais d'une directive sur les réseaux sociaux visant à gérer leur utilisation a imposé une interdiction sur 26 plateformes, dont Whatsapp, X, Instagram et Facebook. L'interdiction a été levée le 8 septembre après l'intensification des manifestations suite à la mort de manifestants tués par les forces de sécurité le 8 septembre, mais les manifestations se sont poursuivies. Les autorités ont également imposé un couvre-feu dans certains districts afin d'empêcher de nouvelles manifestations.

La réponse aux manifestations a précipité une crise nationale, des bâtiments gouvernementaux ayant été incendiés et les domiciles de ministres attaqués par des groupes d'autodéfense qui ont émergé parallèlement aux manifestations.

La réponse violente aux manifestations menées par les jeunes fait suite aux préoccupations exprimées par la société civile concernant les récentes tentatives du gouvernement de restreindre la liberté d'association, notamment par le biais d'un projet de loi sur l'enregistrement, la réglementation et la gestion des ONG. La société civile népalaise a appelé le gouvernement à revoir ce projet de loi et à remplacer les dispositions restrictives qui menacent de réduire à néant les progrès réalisés en matière de liberté d'association.

Il est essentiel de respecter les aspirations du peuple à un changement démocratique, notamment la décentralisation du pouvoir vers la jeune génération qui mène ces manifestations. Une gouvernance inclusive et une participation citoyenne significative sont fondamentales pour construire des sociétés démocratiques et parvenir à un développement durable. Garantir ces valeurs au Népal est essentiel pour réaliser la vision tant attendue d'un pays prospère et démocratique.

Nous exhortons les autorités népalaises à :

  • Respecter l'état de droit et les droits à la liberté de réunion, d'association et d'expression, y compris les droits numériques.
  • Se conformer aux principes fondamentaux relatifs à l'usage de la force et des armes à feu par les forces de l'ordre lorsqu'elles interviennent lors de manifestations, conformément aux normes internationales.
  • Mener des enquêtes indépendantes sur les violences commises contre les manifestants et les décès de manifestants, et établir la responsabilité des violations commises par les forces de sécurité.
  • Assurer la décentralisation du pouvoir vers la jeune génération et soutenir les aspirations à un changement démocratique.
  • Garantir le développement durable et la participation inclusive de la société civile, essentiels pour l'avenir du Népal.

Signé

Hivos, Civicus & Forus