2023-03-02
Madagascar : Combler le fossé entre les genres
Cet article fait partie de la campagne Forus Marchez Avec Nous, un mois de récits de femmes militantes et d'organisations à l'avant-garde du changement social.
Le Madagascar, un pays, un ile, cinquième plus grand au monde avec une population de près de 30 millions d’habitants selon les chiffres des nations unies. Malheureusement, les obstacles au progrès des femmes semblent souvent insurmontables. Les femmes sont touchées de manière disproportionnée par la pauvreté, la discrimination et l'exploitation. À Madagascar, les femmes sont confrontées à l'exclusion économique et politique, et portent trop souvent le poids des stéréotypes et des normes socioculturelles qui les freinent. Parmi les 151 députés élus à l'Assemblée nationale en 2020, seuls 24 sont des femmes. Il n'y a que six femmes parmi les 22 ministres qui composent le gouvernement actuel.
Madagascar a aussi l'un des taux de violence sexuelle les plus élevés au monde: un tiers des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi au moins une forme de violence sexiste. En outre, près de quatre femmes sur dix se marient avant l'âge de 18 ans. En matière de travail, les hommes gagnent 37 % de plus que les femmes. Les femmes sont également plus touchées par le chômage que les hommes : elles ont 20% de chances de plus d'être au chômage que les hommes.
« L’idée du respect des genres commence à entrer dans les mœurs suite aux nombreux plaidoyers fait par diverses associations au fil des années,» nous dit Marc Morasata de la plateforme nationale des organisations de la société civil de Madagascar (PFNOSCM). Une affirmation assez réelle vu que 17,000 communes s’apprêtent a célébrer cette année la femme, mais cette célébration n’est aussi pas signe de victoire, surtout pour la femme rurale Malgache qui croupit encore sous le poids des vieilles traditions:
«Les femmes en milieu rurale sont généralement des chefs de ménage avec beaucoup de personnes à nourrir et les traditions ne leurs permettent pas d’hériter du patrimoine de leurs parents ou de leurs maris et ceci complique beaucoup plus leurs situations. Ceci explique l’illettrisme en milieu rural dans ce groupe de personne et le taux d’inscription assez bas dans les écoles. »
Cette année le pays s’apprête pour une autre élection présidentielle prévu aux mois de novembre et décembre et cette fois, des efforts sont faits pour prendre la femme en considération. Avec une augmentation de la participation des femmes en politique, le pays sera mieux équipé pour s'attaquer à la déconnexion entre les dirigeants politiques de Madagascar et les défis capitaux qui les attendent - augmentation et intensification des catastrophes liées au climat, corruption et pauvreté.
Madagascar se classe désormais dans le dernier quartile de l'indice annuel de perception de la corruption de Transparency International et son faible niveau de revenu annuel par habitant (442 dollars), a diminué au cours des 15 dernières années. Madagascar a un taux de pauvreté de 75 %, et 40 % de la population a moins de 14 ans.
« Les femmes sont encourages à s’impliquer beaucoup plus dans le monde politique, économique et même dans la société civile mais la sensibilisation mérite d’être amplifiée surtout en milieu rural, » nous dit Marc.
« Les femmes sont appelé à participer à ce vote. Les femmes en milieu rural peuvent avoir les cartes d’électeurs gratuitement et elles se sensibilisent entre elles pour une prise de responsabilité. »
Au niveau de PFNOSCM, des actions sont menées pour donner a la femme, la place qu’elle mérite dans la société, mais le chemin a parcourir reste long et selon Marc Morasata, le seul moyen d’y arriver c’est ensemble : « Il nous faut nous donner les mains pour l'égalité des genres dans la gestion de la vie publique et associatif pour avoir un bon résultat. »