No to Revolutionary Government! Never Again to Martial Law! Never Forget! | Forus

2018-12-06

Non au gouvernement révolutionnaire ! Plus jamais de loi martiale ! Ne jamais oublier !

News

Mhafe del Mundo, Chargée de Plaidoyer à CODE-NGO

CODE-NGO (membre de Forus)

Déclaration en souvenir de nos années les plus sombres sous la loi martiale

Non au gouvernement révolutionnaire ! Plus jamais de loi martiale ! Ne jamais oublier !


La déclaration de la loi martiale par l’ancien président et dictateur Ferdinand Marcos, le 21 septembre 1972, et les violations des droits de l’homme, la corruption, les perturbations économiques et la pauvreté généralisée sous son régime ont dressé les années les plus sombres de l’histoire philippine. Nous ne pouvons pas laisser cette partie de notre histoire se répéter.

Néanmoins, les développements politiques récents, qui s’attaquent à la Constitution et aux droits et libertés du peuple philippin, sont autant de signes alarmants d’un autoritarisme insidieux. La campagne du gouvernement contre les drogues illicites, qui a entraîné le meurtre de 23 000 toxicomanes et trafiquants présumés, a ouvertement violé les droits de l’homme et le principe du droit à un procès équitable, et n’a toujours pas débouché sur la moindre condamnation de coupables. La déclaration et l’extension de la loi martiale à Mindanao jusqu’à la fin de l’année pour combattre le terrorisme, à la suite de l’incident Marawi, qui n’ont amélioré ni l’ordre ni la paix à Mindanao, sont perçues par de nombreuses personnes comme un préalable à l’adoption de la loi martiale à l’échelle nationale. Le Président affiche des tendances dictatoriales lorsqu’il continue, avec ses alliés, à persécuter ceux qui critiquent les politiques du gouvernement, y compris les fonctionnaires gouvernementaux, les membres des médias, les dignitaires étrangers et les défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme. La sénatrice Leila de Lima, qui enquêtait sur les meurtres liés à la campagne anti-drogue, a été incarcérée en février de l’année dernière, à la suite d’accusations liées à la drogue portées à son encontre par le ministre de la Justice, Vitaliano Aguirre. Une motion en destitution a été présentée à l’encontre de la médiatrice Conchita Carpio-Morales, dont l’organisme enquêtait sur les comptes bancaires cachés du président. La présidente de la Cour suprême, Maria Lourdes Sereno, a été contrainte de quitter son poste en raison de la présentation d’une pétition quo warranto par l’avocat général Jose Calida, contestant ses compétences à la suite de son rejet de certaines politiques du Président qui empiétaient sur les droits de l’homme et l’état de droit, telles que la déclaration de loi martiale à Mindanao et les accusations infondées concernant l’implication de magistrats dans des affaires de drogues illicites. Le président et ses partisans sur les réseaux sociaux ont également proféré des attaques verbales contre des médias de premier plan tels qu’ABS-CBN et le Philippine Daily Inquirer, ainsi que contre le média sur les réseaux sociaux Rappler, invoquant leur prétendu parti pris dans leur couverture des actes du président. Plus récemment, le président a révoqué l’amnistie accordée à son célèbre adversaire, le sénateur Antonio Trillanes Jr., et a ordonné son arrestation au motif que Trillanes n’aurait jamais demandé cette amnistie.  En outre, la menace d’une déclaration de gouvernement révolutionnaire par le pouvoir en place, qui entraînerait la suspension de la Constitution de 1987, a refait surface, le Président et ses alliés étaient fermement convaincus qu’il s’agissait du seul moyen de mettre en place un système de gouvernement fédéral.
En se remémorant le 46ème anniversaire de la déclaration de la loi martiale, CODE-NGO, membre de Forus, la coalition la plus importante d’OSC œuvrant pour le développement social, forte de ses 6 réseaux d’adhérents nationaux et 6 réseaux d’adhérents régionaux, et représentant près de 2 000 ONG pour le développement, coopératives et organisations populaires dans tout le pays, réitère son appel à la levée de la loi martiale à Mindanao et dénonce vivement toute mesure tendant vers l’autoritarisme et la déclaration de la loi martiale au niveau national.

À la place, le gouvernement devrait concentrer ses efforts sur l’élaboration et la mise en place de stratégies efficaces pour la résolution de problèmes plus pressants qui pèsent lourdement sur les populations défavorisées, comme l’affaiblissement du peso, la montée des inégalités, la pénurie de riz, la hausse des prix des produits de base, le long et lent processus d’intervention d’urgence et de récupération suite aux catastrophes récentes, la généralisation des fausses informations et de la propagande et l’ébranlement des revendications territoriales du pays.

Parmi les menaces contre la démocratie susvisées, nous nous engageons à continuer de préserver les libertés fondamentales et les droits de l’homme de toutes les personnes, ainsi que de promouvoir, protéger et affirmer le droit au développement des peuples, tel que consacré dans la Convention sur les principes de développement des Philippines de CODE-NGO. Nous déclarons, en outre, notre engagement pour le renforcement d’une citoyenneté informée et de l’implication de ses membres dans les questions nationales et locales.

Aussi, nous appelons les OSC et les citoyens à continuer de s’opposer à toute action afférente aux plans du gouvernement visant à déclarer une forme révolutionnaire de gouvernement et la loi martiale, ainsi qu’à demeurer vigilants face aux signes troublants d’autoritarisme.

Nous exhortons le président Rodrigo Duterte, la Police nationale philippine (PNP) et les Forces armées des Philippines (FAP) à exercer fidèlement leur mandat de défendre les droits de l’homme et de protéger les libertés de tous, dans le respect de la Constitution philippine, de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des autres dispositions législatives et instruments juridiques internationaux.

Non au gouvernement révolutionnaire !  Plus jamais de loi martiale !  Ne jamais oublier !