2023-04-04
Des Approches Prometteuses Sur La Preparation, Surveillance Et Reponses Aux Maladies Et Situations D’urgence En Afrique Centrale
Par Danielle NLATE, Rigo GENE, Olivier INDOUMA, Jacques NGARASSAN (Respectivement, Président des Plateformes Nationales du Cameroun, RDC, Gabon et Tchad)
Avant-propos
Chaque année, les pays de la sous-région d’Afrique Centrale sont victimes des conflits, des épidémies et des désastres naturels qui continuent de peser fortement sur les conditions de vie, sur le niveau élevé de pauvreté au sein de la population, sur les faibles infrastructures publiques et services sociaux ainsi que sur les dynamiques de conflits intercommunautaires autour des ressources naturelles et minières. Ces événements entraînent des pertes de vies humaines et la destruction ou l’affaiblissement des moyens d’existence des populations et par conséquent la fragilisation de leur sécurité sanitaire, alimentaire et nutritionnelle. La fréquence et la nature de plus en plus complexe de ces crises nécessite une approche holistique qui intègre des actions visant à renforcer la préparation, la prévention et l’atténuation des épidémies par des réponses efficaces et rapides et des interventions facilitant la transition vers une condition de stabilité et développement.
Les flambées épidémiques sans précédente des maladies à virus Ebola, variole du singe, Covid-19 et d’autres situations d’urgence comme les catastrophes naturelles en Afrique Centrale et dans le Monde montrent l’importance de la participation active et l’implication de tous les groupes et organisations sans exception. C’est donc dire que l’enjeu majeur reste dans la préparation, prévention et la riposte à toutes les situations d’urgence sanitaire de façon efficace en Afrique Centrale.
Le REPONGAC, le réseau des plateformes nationales d’ONG d’Afrique Centrale conscient des difficultés que font pesés ces maladies à caractères endémiques organise depuis lors des campagnes de sensibilisation, de riposte et d’alerte contre le covid 19, le choléra, la fièvre hémorragique Ebola et la variole de singe. Malgré l’insuffisance des moyens, nous visons installé des points focaux, un système intégré de surveillance, d’alerte précoce, de collecte de données, de changement de comportement et de riposte aux différentes maladies endémiques, évènements ou catastrophes naturelles de portées internationale dans les pays d’Afrique Centrale.
Résumé
Le REPONGAC, le réseau des plateformes nationales d’ONG d’Afrique Centrale conscient des difficultés que font pesés ces maladies à caractères endémiques organise depuis lors des campagnes de sensibilisation, de riposte et d’alerte contre le covid 19, le choléra, la fièvre hémorragique Ebola et la variole de singe en partenariat avec ses Plateformes Nationales membre. Malgré l’insuffisance des moyens financiers, le REPONGAC compte installer des points focaux, un système intégré de surveillance, d’alerte précoce, de collecte de données, de changement de comportement et de riposte aux différentes maladies endémiques, évènements ou catastrophes naturelles de portées internationale dans les pays d’Afrique Centrale.
Les progrès réalisés dans la mise en œuvre de ces campagnes de sensibilisations dans les villes et provinces du Cameroun, RD Congo, République du Congo et du Gabon ont été bénéfiques et le REPONGAC cherche à amplifier ces campagnes dans tous les pays de la sous-région. Aller au-delà de la simple participation pour engager les leaders religieux (Imam, Pasteurs, Prêtres), les leaders éducatifs (chefs d’établissement), les leaders traditionnels (chef de quartier) dans la lutte contre ces maladies. Maitriser les techniques de communication pour changer la perception, les attitudes et pratiques des populations sur les maladies et d’autres évènements. La connaissance du rôle des pairs formateurs ou points focaux communautaires dépasse la simple sensibilisation pour aller jusqu’à la collecte de données, la surveillance et l’alerte permanente pour une riposte efficace et durable.
Introduction
La pandémie de Covid-19 est une crise sanitaire majeure provoquée par une maladie infectieuse émergente apparue fin 2019 en chine continentale. Les mesures rapides et drastiques prises par plusieurs gouvernements africains pour contenir la maladie sont lourdes de conséquences économiques. Les prévisions régionales indiquent actuellement une baisse de 3 à 5 % de la croissance du produit intérieur brut par habitant. Selon les estimations un recul de 3% du PIB par habitant, entrainera 13 millions d’africains sous le seuil international de pauvreté, conséquences de cette maladie. Il y a des familles et des individus en proie à des situations irréductibles à l’évolution des grandeurs économiques. Il faut aussi craindre un surcroit de mortalité maternelle et infantile lié à des maladies évitables mais non traitées en raison de Coronavirus soit autant de recul massifs qui mettent en péril des années de progrès dans l’amélioration du capital humain en Afrique subsaharienne.
A cause des rumeurs sur l’inexistence de la maladie et de la validité des vaccins dans certains pays d’Afrique Centrale, il y a eu négligence du respect des règles barrières d’où la nécessité d’organiser la sensibilisation et lutter contre la propagation de la maladie dans les villes de Brazzaville en République du Congo, dans les provinces du KONGO Centrale et du KWILU en République Démocratique du Congo.
Contexte et justification
Depuis le début de l’épidémie déclarée le 10 mars 2020, le cumul des cas en République du Congo et en République Démocratique du Congo a montré qu’aucun pays n’a été épargné par cette pandémie meurtrière. En RDC par exemple, il était de 86 .921 Cas, dont 86. 919 cas confirmés et 2 Cas probables, il y a eu 63. 044 personnes guéries et 1337 décès. En République du Congo depuis le premier cas, en a noté un nombre cumulé de 8625 cas confirmés sur 97209 personnes testées, soit un taux de positivité de 8,87%. Selon le sitrep n° 131 du 17 février 2021, dans la période allant du 10 au 16 février 2021, 3247 personnes ont été testées dans cinq (5) départements (Brazzaville, Pointe-Noire, Bouenza, Likouala et Pool), 206 résultats se sont révélés positifs, soit un taux de positivité de 6,34% ; Brazzaville reste le plus grand foyer avec un taux de positivité de 8,48%, suivi de pointe noire 3,04% ; la moyenne d’âge des cas se situant à 40, 36.
L’enregistrement de nouveaux cas (dont le cumul est de 28 cas confirmés en RDC) montre que la maladie n’est pas finie ; la lutte contre la riposte devrait se poursuivre ; continuer à sensibiliser les populations aux respects des mesures de protection et à la prise des vaccins.
L’assouplissement de ces mesures par les autorités ne signifie pas la fin de la maladie. Malgré le caractère gratuit des tests covid-19 à l’exception des voyageurs est payable à 30 dollars américains, aucun empressement n’est enregistré parmi les populations à se faire tester.
Parmi les Villes et provinces touchées, on compte la ville de Brazzaville, de Kinshasa, qui a par exemple, enregistrée un chiffre de 46 692 Cas, le Kongo centrale avec 5.633 Cas et le Kwilu avec 215 Cas. En ce qui concerne la vaccination, depuis le début de l’opération vaccination en RDC, le 19 avril 2021, 879.122 (1,63%) personnes ont été vaccinées par rapport à la cible notamment 53.984.184 personnes à vacciner. L’objectif fixé est d’atteindre 2,5 millions par mois ou 625.000 personnes par semaine. Bien que nous n’ayons pas des données pour la République du Congo, mais nous pensons que la situation est similaire.
Objectif General de nos campagnes
Contribuer au renforcement des capacités sur la communication des risques et engagement communautaire dans le cadre de la riposte à la pandémie et à d’autres évènements ou catastrophes en Afrique Centrale.
Objectifs Spécifiques
- Renforcer les capacités communicationnelles des acteurs communautaires par la mise en œuvre des activités de sensibilisation dans les communautés.
- Sensibiliser plus des personnes dans les écoles et les églises afin d’améliorer leurs connaissances et réduire la transmission de Covid-19, variole du singe, Choléra, Ebola et d’autres maladies.
- Mettre à la disposition de la population bénéficiaire des kits de prévention et matériels de protection favorisant les bonnes pratiques.
La méthodologie
Nous avons commencé par la formation des agents sensibilisateur choisi parmi les éducateurs de masse : les responsables des établissements scolaires, les pasteurs des églises et les chefs des communautés et villages, jouant le rôle des points focaux, servant de suivi des activités, de collecte des données contribuant à l’organisation et à l’animation des activités d’Information, d’Education et de Communication au cours des campagnes. Le modèle utilisé était adapté selon les besoins tenant compte du temps, des lieux stratégiques et des personnes.
La Collecte des données
Nous nous sommes servis de tous ces moyens pour la collecte des données, notamment Les par le moyen des listes de présence aux activités et aussi par le moyen des registres d’appel des écoles ciblées. Il y’a eu des invitations lancées et au niveau des églises, les sous commissions de protocole tiennent des statistiques de présences aux cultes. Au niveau des écoles, il y’a eu des registres des présences qui sont tenus par les titulaires des classes.
Les résultats obtenus et produits livrables
Des campagnes de sensibilisations et de riposte ont été réalisées au Congo à Brazzaville et en RD Congo dans les provinces du Kongo Central et du KWILU dans les Ecoles et les Eglises et elles ont atteint un total plus de 6000 Personnes.
Formation des Animateurs aux techniques de prévention contre le COVID-19
De la RDC dans les provinces du KONGO Central et du KWILU, et au CONGO Brazzaville il y a eu 30 agents sensibilisateurs formés dans les techniques de prévention contre le Covid-19, variole du singe, cholera, Ebola et des catastrophes naturelles.
Comme dans tout travail ou projet, il y a le suivi et l’évaluation pour permettre son évolution. La Coordination régionale du REPONGAC, les Secrétariats exécutifs des plateformes nationales et les points focaux s’impliquent pour le suivi et l’évaluation afin de conclure si oui ou non le travail devrait se poursuivre. Les activités mises en place sont les activités liées au contexte actuel en Afrique Centrale.
Conclusion
Les flambées épidémiques sans précédente des maladies à virus Ebola, variole du singe, Covid-19, les catastrophes naturelles, les conflits intercommunautaires autour des ressources naturelles et minières,…en Afrique Centrale montrent l’importance de la participation active et l’implication de tous, les groupes communautaires, la société civile, le pouvoirs public,... Ces désastres continuent de peser fortement sur les conditions de vie, sur le niveau élevé de pauvreté au sein de la population, sur les faibles infrastructures publiques et services sociaux. C’est donc dire que l’enjeu majeur reste dans la préparation, prévention et la riposte à toutes les situations d’urgence sanitaire de façon efficace en Afrique Centrale.
Certes, il n’est plus à démontrer l’existence des épidémies qui rongent l’Afrique Centrale en général et la RDC, le Congo en particulier dont les plus récurrentes sont le Covid-19, la Variole du singe et Ebola. La campagne de sensibilisation fait par le REPONGAC avec l’appui financier de l’AFD et FORUS a permis l’éveil de la population afin de bien appréhender les différentes causes des maladies, les modes de contamination et les mesures de prévention en vue de limiter les risques de propagation. Elle a aussi stimulée le nombre de personnes vaccinées contre le COVID-19. L’enthousiasme avec lequel nous avons été reçu partout où nous sommes passés nous a permis d’aller au-delà des résultats attendus. Des pareilles campagnes ont le mérite de continuer en vue de stimuler et éveiller la conscience de la population sur les différentes maladies présentes et futures en vue de mettre en place des mesures de lutte et réduire les risques de contamination et/ou de propagation.