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2026-01-22
Renforcer le multilatéralisme : Forus appelle les États membres à soutenir davantage l'ONU
Partout dans le monde, les organisations de la société civile sont confrontées à un environnement de plus en plus hostile, à un accès réduit aux processus décisionnels et à des risques croissants pour ceux qui défendent les droits humains, la démocratie, la paix, l'égalité des sexes et la justice climatique. En cette période critique, un système multilatéral solide et fonctionnel, ancré dans les Nations Unies, n'est pas une option, mais une nécessité.
Dans un monde marqué par l'escalade des conflits, l'aggravation des tensions géopolitiques, le rétrécissement de l'espace civique et l'aggravation des inégalités, Forus réaffirme son soutien indéfectible au multilatéralisme et aux Nations Unies en tant que pierre angulaire de la paix, de la démocratie, des droits humains et du développement durable.
Forus est un réseau mondial de plateformes nationales d'ONG et de coalitions régionales d'ONG, qui regroupe 73 plateformes nationales et 7 coalitions régionales et représente plus de 24 000 organisations de la société civile à travers le monde. Nos membres s'engagent quotidiennement auprès des communautés confrontées aux conséquences les plus dures des conflits, de l'injustice, de l'exclusion et de la défaillance des institutions, et ils proposent également des solutions fondées sur la solidarité, les droits et le leadership local.
Forus constate chaque jour à quel point l'accès aux espaces et aux mécanismes des Nations unies, ainsi que la capacité de la société civile à s'y engager en toute sécurité, peuvent faire une réelle différence pour les acteurs civiques confrontés à des pressions, des représailles ou un espace de plus en plus restreint.
Un moment critique pour le multilatéralisme
Nous traversons une période où la coopération multilatérale est mise à l'épreuve, tant sur le plan politique que financier et institutionnel. Ces dernières semaines, nous avons assisté à de nouvelles attaques publiques contre la légitimité des institutions internationales, parallèlement à des décisions concrètes prises par certains États de se retirer d'un nombre important d'organisations internationales, y compris des organes des Nations unies.
Il ne s'agit pas d'un débat technique. Il s'agit de savoir si la communauté internationale continuera à investir dans un système fondé sur des règles qui protège les personnes, en particulier celles qui sont les plus exposées à la violence, à la discrimination et à la pauvreté, ou si nous glisserons davantage vers un monde où le pouvoir l'emporte sur les principes.
Pourquoi cela est-il important pour les communautés et pour la société civile
Les membres de Forus savent que lorsque la coopération s'effondre, ce sont les communautés qui en paient le prix, et les acteurs civiques sont souvent parmi les premiers à être pris pour cible. Lorsque les normes internationales sont affaiblies, nous constatons une augmentation de la répression, une diminution des possibilités de rendre des comptes et une protection moindre pour ceux qui défendent les droits et les libertés démocratiques sur le terrain.
Comme l'a rappelé cette semaine le président de l'Assemblée générale des Nations unies aux États membres, les Nations unies « méritent qu'on se batte pour elles ». Chez Forus, nous sommes d'accord. Nous sommes convaincus que le monde a plus que jamais besoin des Nations unies et nous partageons l'appel lancé par le président de l'Assemblée générale des Nations unies aux États pour qu'ils se mobilisent, se mobilisent et renouvellent leur engagement, non seulement dans leurs discours, mais aussi dans la pratique.
Pour de nombreuses organisations de la société civile, en particulier celles qui opèrent dans des contextes où l'espace civique se réduit, le système des Nations unies n'est pas une institution abstraite : c'est un espace vital pour la légitimité, la visibilité, la protection, la participation et l'accès à la prise de décision ; une plateforme où les voix locales peuvent atteindre les décideurs mondiaux ; et un cadre qui ancrent les droits humains universels, les valeurs démocratiques et le droit international.
Notre appel aux États membres : intensifiez vos efforts pour défendre la coopération mondiale, le multilatéralisme et les Nations unies
À ce moment décisif pour le multilatéralisme, Forus appelle tous les États membres des Nations unies, ainsi que la communauté internationale au sens large, à prendre des mesures immédiates et concrètes pour préserver le système des Nations unies et lui permettre de remplir son mandat :
1) Réaffirmer leur engagement envers la Charte des Nations unies et le droit international, de manière cohérente et sans double standard. Les principes de la Charte ont pour but de prévenir l'escalade, de protéger les civils et de défendre l'égale dignité de tous les peuples. Ils ne sont pas facultatifs. Les États membres doivent les respecter dans la pratique, notamment par le règlement pacifique des différends et le plein respect des droits de l'homme et du droit humanitaire.
2) Respecter leurs obligations financières afin de garantir le bon fonctionnement de l'ONU, car une ONU sans ressources ne peut ni protéger, ni se réunir, ni se réformer. Aucune réforme ne peut aboutir si l'institution est paralysée financièrement. Les États membres doivent respecter pleinement et dans les délais leurs obligations et soutenir un financement prévisible et durable du système des Nations unies afin que les efforts de réforme soient significatifs et que l'ONU puisse remplir ses mandats.
3) Protéger et élargir la participation significative de la société civile — et prévenir les représailles. Les États membres doivent veiller à ce que la société civile — y compris les organisations locales et les plateformes nationales et régionales qui structurent la participation civique — puisse s'engager en toute sécurité dans les processus multilatéraux et des Nations Unies, notamment par le biais de structures organisées de la société civile, sans intimidation, surveillance, harcèlement ou représailles juridiques.
4) Faire en sorte que le multilatéralisme profite aux populations : localiser, inclure et rendre des comptes. Un système multilatéral crédible doit rapprocher les décisions et les ressources des communautés, écouter les personnes les plus touchées et renforcer la transparence et la responsabilité. La mesure du multilatéralisme n'est pas le résultat procédural, mais la capacité à offrir protection, équité et dignité dans la vie des personnes.
5) Préserver les droits humains, la démocratie et l'égalité des sexes comme des éléments non négociables, et non comme des monnaies d'échange. À une époque où les droits et l'inclusion sont remis en cause, les États membres doivent défendre l'universalité des droits humains et le caractère central de l'égalité des sexes, notamment en veillant à ce que les espaces multilatéraux restent accessibles et réactifs aux femmes, aux filles et aux personnes les plus marginalisées.
6) Choisir un dirigeant de l'ONU à la hauteur de la situation.
Alors que le processus de sélection du prochain secrétaire général des Nations unies avance, les États membres doivent soutenir un processus transparent et inclusif, et envisager sérieusement la candidature de femmes qualifiées, afin d'envoyer un signal clair indiquant que les Nations unies sont au service de toute l'humanité.
Notre engagement
C'est un moment décisif. Défendre le multilatéralisme, c'est défendre la paix, la démocratie, la dignité et la capacité des personnes, en particulier les plus exclues, à influencer les décisions qui affectent leur vie.
Forus continuera à travailler avec ses membres et ses partenaires dans toutes les régions pour défendre l'espace civique, renforcer la gouvernance inclusive et promouvoir une coopération qui profite aux populations là où elles vivent. Nous sommes prêts à travailler avec les États membres et nos partenaires dans toutes les régions pour promouvoir, soutenir et renforcer un système multilatéral responsable, fondé sur les droits et ancré dans la solidarité, pour les populations, pour la planète et pour l'avenir.
En toute solidarité,
Forus