mar. 22 sept. 2026
De l'Assemblée générale des Nations unies à 2027 : renforcer l'ambition partout où les décisions se prennent
En direct de #UNGA81
Le choix du prochain secrétaire général des Nations unies revêt une grande importance. Il en va de même pour les décisions relatives aux finances, aux droits et au développement qui sont prises dans les capitales et dans d’autres instances en vue du Sommet sur les ODD de 2027.
NEW YORK, le 22 septembre 2026 — Dans les couloirs de l’Assemblée générale des Nations Unies cette semaine, les discussions sur la future direction de l’Organisation s’intensifient. Qui mènera l’ONU à travers les réformes et les quatre dernières années de l’Agenda 2030 ? Que se passera-t-il après 2030 ? Nous posons également ces questions . Mais au sein du réseau Forus , nos membres s’interrogent aussi sur un enjeu immédiat : les décisions prises dans ces salles donneront-elles aux communautés davantage de pouvoir pour façonner leur avenir, aideront-elles les gouvernements à tenir les promesses qu’ils ont déjà faites, et garantiront-elles un suivi et une responsabilisation significatifs des progrès réalisés ?
Le public aspire à la coopération, tout en exigeant qu’elle porte ses fruits. Dans une récente enquête menée par la Fondation Rockefeller et Focaldata auprès de 34 pays, la part médiane de la population favorable à la coopération, même au prix d’un certain sacrifice des intérêts nationaux, s’élevait à 57 % ; une médiane de 81 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles la soutiendraient davantage si elle permettait de résoudre efficacement les problèmes mondiaux. Il s’agit là d’un appel à une coopération que les citoyens peuvent percevoir et dont ils peuvent demander des comptes.
Nos membres savent ce que cela signifie lorsqu’un engagement international ne change rien à la réalité quotidienne. Lorsque la dette absorbe les budgets nécessaires aux services publics, lorsque l’espace civique se rétrécit, ou lorsque les organisations d’ s locales ne sont invitées à intervenir qu’une fois les décisions prises, la promesse de ne laisser personne de côté perd de sa force. Ceux qui sont les plus proches de ces réalités devraient avoir leur mot à dire dans les décisions que nous prendrons prochainement — y compris celles concernant la future direction du système multilatéral lui-même.
La sélection du prochain dirigeant de l’ONU
Pourtant, selon un autre sondage de la Fondation des Nations Unies mené auprès de 20 pays, 85 % des personnes interrogées n’avaient entendu parler que très peu, voire pas du tout, de la sélection du prochain secrétaire général de l’ONU. Les dialogues publics avec les candidats ont rendu le processus de sélection plus ouvert, permettant aux États membres et à la société civile d’entendre leurs points de vue et de leur poser des questions. Mais une partie importante du processus reste à huis clos : les sondages informels du Conseil de sécurité ne sont pas publics, et n’importe lequel de ses cinq membres permanents peut bloquer la recommandation du Conseil grâce à son droit de veto hérité de 1945.
Il faudrait demander à la personne qui prendra ses fonctions en 2027 quels changements elle compte apporter : comment elle compte défendre l’espace civique, associer dès le départ les organisations d’ locales aux décisions de l’ONU, et utiliser sa fonction pour faire avancer le financement des ODD et la reddition de comptes. Le Conseil de sécurité, quant à lui, devrait publier le calendrier, le processus et les résultats de ses votes. Les dialogues publics avec les candidats auront davantage de sens si les citoyens peuvent également voir comment le Conseil parvient à sa recommandation.
Le cadre pour l’après-2030
Dans le même temps, aucun cadre pour l’après-2030 n’a encore été adopté. Certains États membres estiment que la prolongation des ODD pourrait être le moyen le plus sûr de préserver l’Agenda 2030. Mais seuls 15 % des 139 cibles pour lesquelles on dispose de données suffisantes sur l’évolution sont en bonne voie. Modifier l’échéance ne suffira pas, à elle seule, à alléger la dette, à financer la mise en œuvre, à renforcer la responsabilité ou à donner aux acteurs locaux le pouvoir et les ressources dont ils ont besoin.
Nous devons aux générations futures de surmonter ces obstacles, tout en faisant face à un monde transformé par les bouleversements climatiques, l’IA et les atteintes aux libertés civiles.
C’est pourquoi le Forus réseau a élaboré sa vision collective « Post-2030 » à l’échelle régionale afin que nous puissions continuer à faire pression pour la réalisation des ODD dès maintenant tout en nous préparant à différentes voies politiques au-delà de 2030. Cela nous donne une boussole commune : défendre la promesse universelle et fondée sur les droits des ODD et de l’espace civique ; exiger une réforme du financement, une véritable responsabilisation, ainsi que des pouvoirs et des ressources pour les acteurs locaux ; refuser des engagements moins fermes ou une prolongation qui repousserait l’échéance sans s’attaquer aux obstacles qui ont freiné la mise en œuvre. Le processus post-2030 ne doit pas servir à réduire les ambitions, à affaiblir les droits ou à restreindre la responsabilité. Il doit être l’occasion de combler les lacunes qui ont limité les ODD tout en défendant leur promesse universelle et transformatrice.
Le Sommet sur les ODD de 2027
Le Sommet des ODD de 2027 constituera un test important pour déterminer si cette ambition se traduit par une orientation politique concrète. Il reste une année de travail avant que les dirigeants ne se réunissent pour ce sommet. Le Pacte pour l’ demande au Forum politique de haut niveau des Nations unies, qui se réunira dans le cadre de l’Assemblée générale en septembre 2027, d’examiner comment faire progresser le développement durable d’ici 2030 et au-delà. Il ne précise pas si ni comment les gouvernements négocieront un programme pour l’après-2030.
Nous devons saisir cette opportunité dès maintenant : dialoguer avec les États membres dans les capitales et dans les pays, ainsi qu’à New York, intégrer les témoignages de nos membres dans ces discussions, et identifier ceux qui sont prêts à défendre la réforme du financement, les droits, le climat l’ambition et la responsabilité. Nous devons également nous demander comment les organisations locales contribueront à façonner les positions que les gouvernements présenteront lors du Sommet.
Il existe déjà plusieurs occasions de mettre ces questions sur la table avant que les dirigeants ne se réunissent. La Commission de la condition de la femme de l’année prochaine montrera à quel point les gouvernements soutiennent fermement l’égalité des sexes dans l’ensemble des ODD. Les forums régionaux sur le développement durable et les préparatifs du Forum politique de haut niveau des Nations unies permettront de recueillir des témoignages des communautés sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Et les négociations sur le résultat du Sommet sur les ODD seront l’occasion de renforcer les engagements pendant que le texte est en cours de rédaction. D’ici à ce que les dirigeants se réunissent, une grande partie de l’orientation aura peut-être déjà été définie.
Et tandis que l’ des Nations unies réfléchit à la manière de se réformer , la coopération se redéfinit également au-delà de l’ONU. Les travaux du G20 sur le traitement de la dette ont une incidence sur les ressources dont disposent les pays pour tenir leurs engagements. La présidence indienne du BRICS se penche sur le développement durable ; l’ , l’Union africaine et la CARICOM collaborent sur la justice réparatrice ; et l’ , l’UE et le Canada renforcent leur coopération en matière de politique numérique. Il s’agit de processus distincts, mais chacun d’entre eux peut influencer les positions que les gouvernements adopteront d’ici 2027.
Forus et ses membres travailleront avec des partenaires de la société civile pour faire passer ces revendications issues des débats nationaux par le biais de forums régionaux jusqu’à New York. Le prochain secrétaire général pourra contribuer à relier les engagements des Nations unies aux décisions prises dans d’autres forums , et à ouvrir ces discussions aux communautés concernées.
Les États membres doivent joindre les moyens et la responsabilité à leurs paroles. En 2027, les progrès se mesureront aux changements intervenus pour les populations avant 2030, ainsi qu’à ce que nous laisserons aux générations futures.

