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2025-12-23

L'esprit indomptable de Mukesh Awasthi : alors que la jeunesse népalaise réclamait transparence et dignité, une seule balle a tout changé

On the fourth floor of the National Trauma Centre in Kathmandu, the air feels heavy. Since September 2025, 22-year-old Mukesh Awasthi has lived in a world bounded by the four walls of a hospital room. His bed sits by the window—his only connection to the life he once had. Most of the time, he is silent, staring at the empty space beneath the white sheets where his left leg used to be.

 

Just months ago, Mukesh was a young man in motion. His bags were figuratively packed for Australia, where he planned to pursue civil engineering. Today, he is a symbol of a generation’s broken heart.

 

Mukesh hails from Amargadhi, Dadeldhura—the same land that birthed Nepal’s five-time Prime Minister, Sher Bahadur Deuba. But sharing a home district with the political elite offered him no protection, only despair. Living in a small rented room in Kuleswor, Mukesh embodied the self-made Nepali youth. He worked hard to support himself and his younger brother, a management student, refusing to be a financial burden on his parents.

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Sa frustration, comme celle de millions de ses pairs, a été exacerbée par les réseaux sociaux. Alors que les publications tendance « nepo-baby » circulaient sur TikTok et Instagram, mettant en avant la vie dorée des personnes ayant des relations politiques, le contraste avec ses propres difficultés est devenu insupportable. Lorsque le gouvernement a brusquement interdit ces plateformes en septembre 2025, cela a été perçu comme une attaque directe contre la seule fenêtre que les jeunes avaient sur le monde.

 

Le 8 septembre, premier jour des manifestations, Mukesh n'a pas hésité. Il a demandé un congé à son employeur, convaincu qu'il participait à une marche non violente pour la transparence et un avenir meilleur. Mais en un instant, la paix a volé en éclats. L'air a été transpercé par des coups de feu alors que les balles de la police volaient sans discernement, touchant même des écoliers à proximité.

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Lorsqu'une balle a touché la cuisse gauche de Mukesh, il a d'abord prié pour que ce ne soit qu'une balle en caoutchouc. Ce n'est que lorsqu'il a vu le sang jaillir qu'il a pris conscience de la terrible réalité : c'était une balle réelle. Malgré les tentatives désespérées des médecins pour sauver son membre, ils ont finalement été contraints de lui amputer la jambe pour lui sauver la vie.

 

« Je suis allé là-bas pour soutenir mes camarades manifestants pacifiques, mais ceux qui détiennent le pouvoir m'ont pris les jambes sur lesquelles je me tenais debout », raconte Mukesh, d'une voix calme malgré la douleur. « Aujourd'hui, je vois les mêmes visages responsables du sang versé dans les rues agir comme si de rien n'était. Cela me fait plus mal que la blessure de penser que notre sacrifice pourrait être oublié. »

 

Arjun Bhattarai, président de la NGO Federation of Nepal, note que le mouvement a été alimenté par une « colère refoulée ». Les jeunes représentant 40 % de la population, le traumatisme causé par plus de 70 morts et des centaines de blessés a laissé une profonde cicatrice dans le pays. La Fédération exige désormais que le gouvernement fournisse aux victimes des soins médicaux à long terme, un soutien psychologique et une sécurité sociale.

 

 

« Ces victimes sont les acteurs du changement », déclare M. Bhattarai. « Si le gouvernement ne les écoute pas, cela se reproduira. »

 

Malgré le lourd tribut payé, Mukesh refuse de laisser son moral s'effondrer. Faisant preuve d'une résilience remarquable, il a redéfini ses rêves : son parcours vers le génie civil ayant été interrompu, il s'est fixé pour objectif de devenir ingénieur en informatique. Il est déterminé à rester positif, mais les « et si » continuent de le hanter dans les moments de calme.

 

Alors que le Népal se prépare pour les élections du 5 mars, Mukesh reste un rappel vivant du prix à payer pour avoir exprimé son désaccord.

 

Il espérait autrefois construire des ponts en tant qu'ingénieur ; aujourd'hui, il se construit une nouvelle vie depuis son lit d'hôpital, en espérant que le pays pour lequel il s'est sacrifié n'oubliera pas les visages de ceux qui ont payé le prix fort.

 

 

 

Cet article a été rédigé dans le cadre du programme de bourses journalistiques Forus. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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